Peut-on avoir une endométriose avec des règles normales ?
Lorsque l'on parle d'endométriose, les règles très douloureuses sont souvent le premier symptôme évoqué.
Pourtant, toutes les femmes atteintes d'endométriose ne vivent pas la maladie de la même façon.
Certaines souffrent de douleurs intenses pendant leurs menstruations.
D'autres présentent surtout des douleurs au moment de l'ovulation, des douleurs pelviennes chroniques, des troubles digestifs, des difficultés à tomber enceintes ou encore une fatigue importante.
Et certaines ont des règles qui semblent relativement « normales ».
Cette diversité de symptômes explique en partie pourquoi l'endométriose est parfois difficile à reconnaître.
Dans cet article, nous allons voir pourquoi il est possible d'avoir une endométriose sans règles particulièrement douloureuses, quels autres signes peuvent alerter et quand il est recommandé de consulter.
🌸 L'essentiel à retenir
Oui, il est possible d'avoir une endométriose même si vos règles ne sont pas particulièrement douloureuses. Les symptômes varient selon les femmes et dépendent notamment de la localisation des lésions. Le diagnostic ne repose pas uniquement sur l'intensité des règles, mais sur l'ensemble des symptômes et des examens réalisés.
Les symptômes de l'endométriose sont très variés
L'endométriose est une maladie complexe.
Les lésions peuvent se développer à différents endroits du bassin et, plus rarement, dans d'autres parties du corps.
Selon leur localisation, elles ne provoqueront pas les mêmes symptômes.
C'est pourquoi deux femmes atteintes d'endométriose peuvent avoir des parcours très différents.
Certaines auront des douleurs très importantes pendant les règles.
D'autres ressentiront surtout :
- des douleurs pelviennes en dehors des règles ;
- des douleurs pendant les rapports sexuels ;
- des douleurs lors des selles ou en urinant ;
- une fatigue persistante ;
- des troubles digestifs ;
- des difficultés à concevoir.
👉 À lire aussi : Pourquoi l'endométriose est-elle si difficile à diagnostiquer ?
Des règles peu douloureuses ne signifient pas forcément qu'il n'y a pas d'endométriose
Il est fréquent d'entendre :
« Si tes règles ne sont pas très douloureuses, tu ne peux pas avoir d'endométriose. »
Cette affirmation est fausse.
Certaines femmes présentent des lésions qui provoquent peu de douleurs menstruelles mais d'autres symptômes tout aussi invalidants.
L'intensité des douleurs ne reflète pas toujours l'étendue de la maladie.
À l'inverse, des douleurs très importantes ne signifient pas nécessairement que l'endométriose est plus sévère.
Chaque situation est unique.
Pourquoi les symptômes sont-ils différents d'une femme à l'autre ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette diversité.
Par exemple :
- la localisation des lésions ;
- leur profondeur ;
- la réaction inflammatoire de l'organisme ;
- la sensibilité individuelle à la douleur.
C'est pourquoi l'endométriose est souvent qualifiée de maladie aux multiples visages.
Quels signes doivent vous alerter malgré des règles normales ?
Même si vos règles semblent supportables, certains symptômes méritent une consultation lorsqu'ils persistent.
Par exemple :
- des douleurs pelviennes fréquentes ;
- des douleurs pendant les rapports sexuels ;
- des douleurs lors des selles ou de la miction, notamment pendant les règles ;
- un ventre qui gonfle régulièrement (Endobelly) ;
- une fatigue importante sans cause évidente ;
- des difficultés à concevoir.
Pris isolément, ces symptômes peuvent avoir différentes causes.
En revanche, leur association peut justifier un avis médical.
Pourquoi certaines femmes sont-elles diagnostiquées tardivement ?
L'un des principaux défis de l'endométriose est que les symptômes ne sont pas les mêmes chez toutes les femmes.
Lorsqu'une personne ne présente pas de règles très douloureuses, l'endométriose est parfois moins rapidement évoquée.
Les autres symptômes peuvent être attribués à d'autres causes, comme des troubles digestifs, urinaires ou musculaires.
Résultat : certaines femmes consultent plusieurs professionnels avant qu'une endométriose ne soit finalement suspectée.
Ce retard diagnostique peut durer plusieurs années.
👉 À lire aussi : Pourquoi l'endométriose est-elle si difficile à diagnostiquer ?
Les douleurs ne surviennent pas uniquement pendant les règles
On associe souvent l'endométriose aux menstruations.
Pourtant, certaines femmes ressentent surtout des douleurs :
- au moment de l'ovulation ;
- pendant ou après les rapports sexuels ;
- lors des selles ;
- lorsqu'elles urinent, notamment pendant les règles ;
- en dehors de toute période menstruelle.
Chez d'autres, c'est une fatigue persistante ou des troubles digestifs qui occupent le devant de la scène.
C'est pourquoi il est important de considérer l'ensemble des symptômes, et non uniquement les règles.
Quels examens peuvent être proposés ?
Si votre professionnel de santé suspecte une endométriose, plusieurs examens peuvent être envisagés.
Le choix dépendra de vos symptômes, de votre âge, de vos antécédents et de votre projet de grossesse.
Parmi les examens les plus fréquents :
L'interrogatoire médical
La consultation commence généralement par un échange détaillé sur :
- vos douleurs ;
- votre cycle menstruel ;
- vos antécédents ;
- votre qualité de vie ;
- vos éventuels projets de grossesse.
Ces informations sont essentielles pour orienter la suite du bilan.
L'examen clinique
Selon votre situation, un examen clinique peut être proposé.
Il permet parfois de repérer certains signes évocateurs.
Il est réalisé uniquement avec votre accord et peut être adapté si vous êtes douloureuse ou anxieuse.
L'échographie pelvienne
L'échographie est souvent le premier examen demandé.
Elle peut mettre en évidence certaines formes d'endométriose, des kystes ovariens, une adénomyose ou d'autres anomalies gynécologiques.
Cependant, une échographie normale n'exclut pas une endométriose.
L'IRM pelvienne
Une IRM peut être prescrite lorsqu'une endométriose profonde est suspectée ou pour compléter les informations obtenues à l'échographie.
Comme pour l'échographie, une IRM normale ne permet pas toujours d'écarter totalement la maladie.
👉 À lire aussi : L'IRM suffit-elle pour diagnostiquer une endométriose ?
Pourquoi les examens peuvent-ils être normaux ?
L'endométriose ne se présente pas toujours sous la même forme.
Certaines lésions sont très petites.
D'autres sont situées dans des zones difficiles à visualiser.
Enfin, certaines formes superficielles peuvent passer inaperçues lors des examens d'imagerie.
C'est pourquoi le diagnostic repose sur un ensemble d'éléments :
- vos symptômes ;
- votre histoire médicale ;
- l'examen clinique ;
- les examens complémentaires ;
- l'expertise du professionnel de santé.
Les idées reçues
De nombreuses croyances persistent encore aujourd'hui.
❌ « Si mes règles sont normales, je ne peux pas avoir d'endométriose. »
Faux.
Les règles douloureuses sont fréquentes, mais elles ne sont pas présentes chez toutes les femmes atteintes.
❌ « Une IRM normale signifie que je n'ai rien. »
Faux.
Certaines formes d'endométriose ne sont pas visibles à l'IRM.
❌ « L'endométriose provoque toujours les mêmes symptômes. »
Faux.
Chaque femme vit la maladie différemment.
L'intensité et la localisation des douleurs peuvent varier considérablement.
Écoutez votre corps
Même si vos règles semblent "supportables", cela ne signifie pas que vos autres douleurs doivent être ignorées.
Si certains symptômes reviennent régulièrement et perturbent votre quotidien, ils méritent d'être évoqués avec un professionnel de santé.
Vous connaissez votre corps mieux que quiconque.
Votre ressenti est une information importante.
Pourquoi ne faut-il pas attendre que la douleur devienne insupportable ?
Beaucoup de femmes repoussent leur consultation parce qu'elles pensent que leurs douleurs « ne sont pas assez importantes ».
Elles se disent souvent :
- « Ce n'est sûrement rien. »
- « D'autres souffrent plus que moi. »
- « Mes règles sont normales, donc ce ne peut pas être une endométriose. »
Pourtant, l'intensité des douleurs ne reflète pas toujours la présence ou l'étendue de la maladie.
Certaines femmes présentent une endométriose avec des douleurs modérées, tandis que d'autres souffrent intensément malgré des lésions limitées.
Chaque parcours est unique.
Un diagnostic précoce peut faire la différence
Recevoir un diagnostic ne signifie pas seulement donner un nom à ses symptômes.
Cela permet également de mieux comprendre ce qui se passe dans son corps et d'envisager une prise en charge adaptée.
Selon votre situation, cela peut permettre :
- d'être orientée vers un spécialiste de l'endométriose ;
- de mettre en place un suivi personnalisé ;
- de discuter des différentes options thérapeutiques ;
- d'anticiper un éventuel projet de grossesse si vous en avez un.
L'objectif est d'améliorer votre qualité de vie et de limiter l'impact de la maladie sur votre quotidien.
Toutes les femmes vivent une endométriose différente
L'endométriose est souvent qualifiée de maladie « aux mille visages ».
Certaines femmes souffrent principalement pendant leurs règles.
D'autres ressentent davantage :
- des douleurs digestives ;
- des douleurs urinaires ;
- des douleurs pendant les rapports sexuels ;
- une fatigue importante ;
- des douleurs chroniques en dehors du cycle menstruel.
Il n'existe pas de parcours « typique ».
C'est pourquoi il est essentiel d'éviter les comparaisons avec d'autres témoignages.
Votre expérience est unique et mérite d'être entendue.
Le Journal Endolia : un outil pour mieux suivre ses symptômes
Lorsque les symptômes sont discrets ou variables, il peut être difficile de les décrire lors d'une consultation.
Noter leur évolution au fil des semaines peut être d'une grande aide.
Vous pouvez suivre :
- les dates de vos règles ;
- les douleurs pelviennes ;
- les douleurs digestives ;
- les douleurs urinaires ;
- votre fatigue ;
- les douleurs pendant les rapports sexuels ;
- les traitements essayés.
👉 Le Journal Endolia, disponible gratuitement, vous permet de suivre ces informations et d'exporter votre suivi en PDF afin de préparer vos rendez-vous médicaux.
Vous connaissez votre corps
Personne ne vit vos symptômes à votre place.
Même si vos règles ne sont pas particulièrement douloureuses, vous avez le droit de consulter si quelque chose vous inquiète.
Vous n'avez pas besoin d'attendre que la douleur devienne insupportable pour demander de l'aide.
Votre ressenti est une donnée importante.
Et il mérite d'être pris au sérieux.
Conclusion
Avoir des règles relativement normales n'exclut pas une endométriose.
La maladie peut se manifester de nombreuses façons et chaque femme présente une combinaison de symptômes qui lui est propre.
Si vous ressentez des douleurs inhabituelles, une fatigue persistante ou d'autres symptômes qui reviennent régulièrement, n'hésitez pas à en parler à un professionnel de santé.
Plus les symptômes sont identifiés tôt, plus il est possible de mettre en place une prise en charge adaptée à votre situation.
💛 Vos douleurs n'ont pas besoin d'être insupportables pour être légitimes. Si quelque chose vous semble anormal, écoutez votre corps et osez en parler.
🌸 L'essentiel à retenir
✔️ Il est possible d'avoir une endométriose même avec des règles peu douloureuses.
✔️ Les symptômes varient selon les femmes et la localisation des lésions.
✔️ Une échographie ou une IRM normale n'exclut pas toujours la maladie.
✔️ Un diagnostic précoce peut faciliter une prise en charge adaptée.
✔️ Votre ressenti est important, même si vos règles semblent « normales ».